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L’avenir de l’Union européenne sous le prisme franco-allemand

L’année 2017 a été marquée par le lancement d’une réflexion profonde sur l’avenir de l’Union européenne.

La publication le 1er mars 2017 par la Commission européenne d’un Livre blanc sur l’avenir de l’Europe a matérialisé les réflexions et les scénarios à l’horizon 2025, dans une Union ne comptant plus que 27 Etats membres à la suite de la sortie du Royaume-Uni.

2017 a également été le théâtre d’élections nationales en France et en Allemagne. Si les premiers mois d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat français ont créé une nouvelle dynamique sur le sujet « Europe », l’absence d’accord de gouvernement en Allemagne fait craindre un report sine die du débat sur les orientations à prendre par l’Union.

Or le temps presse, comme l’ont démontré les échanges lors de la conférence organisée, le jeudi 25 janvier, par le Goethe-Institut à l’occasion du 12ème dialogue franco-allemand de Bordeaux, sous l’intitulé « Quel avenir pour l’Union européenne ? Les défis pour le nouveau tandem Merkel/Macron ».

 

collaboration France et Allemagne affaires européennes

 

 

Les défis économiques et de sécurité

Les défis économiques sont bien connus : approfondissement de l’Union économique et monétaire, réduction des inégalités grâce à la fondation de l’Europe sociale, rééquilibrage du commerce international. Sur ces sujets, les positions françaises émises depuis les élections présidentielles de mai 2017 n’ont pas encore rencontré l’approbation de l’ensemble des partenaires européens.

L’instauration d’un Fonds monétaire européen, la mutualisation des dettes publiques ou encore l’établissement d’une politique protectionniste sont considérés par certains gouvernements, en particulier d’Europe du Nord, comme des idées dangereuses. Les libéraux allemands ayant laissé place aux socialistes et démocrates dans la négociation d’une future coalition gouvernementale, certains de ces sujets pourront peut-être avancer dans les prochains mois.

Les défis de sécurité sont également majeurs, face à la résurgence de l’aggressivité russe, l’instabilité du Moyen-Orient et l’imprévisibilité du président Trump, notamment s’agissant du rôle des Etats-Unis dans l’OTAN.

Les frémissements, ces derniers mois, de la « Belle endormie » que constitue l’Europe de la défense sont un pas en avant essentiel. La création d’une coopération structurée permanente et d’un Fonds européen de la défense est prometteuse, tant et si bien que le Royaume-Uni, qui a toujours bloqué toute initiative en ce domaine, en est désormais le plus fervent supporter. Notons toutefois que ce sujet est actuellement très à la marge dans la négociation de coalition allemande, la neutralité historique de l’Allemagne constituant toujours la doctrine en ce domaine.

 

Le Brexit, accélérateur et non frein à l’approfondissement

S’il est impossible de dissocier l’avenir immédiat de l’Union européenne de l’issue qui sera donnée à la négociation du Brexit, il est remarquable de relever que ce dossier a été relégué au second plan dans les priorités bruxelloises et qu’il constitue un accélérateur d’approfondissement plutôt qu’un frein.

Consolidation économique, bataille pour le respect par certaines autorités nationales des valeurs de l’Union, place de l’Europe dans le monde face à une mise en retrait des Etats-Unis…autant de sujets qui priment les travaux de la Commission européenne dans sa réflexion sur l’avenir du continent à l’horizon 2025, et sur lesquels la France et l’Allemagne mettent en priorité l’accent au cours de chaque entrevue bilatérale.

Ainsi, la dégradation au cours de l’année 2017 de la situation en Pologne et Hongrie amènent régulièrement les autorités européennes à affirmer qu’elles ne peuvent transiger sur la défense des valeurs européennes, celles-ci étant éminemment plus importantes que le retrait d’un Etat membre, même aussi puissant que le Royaume-Uni.  L’urgence est de redonner de l’attractivité à l’idée européenne de solidarité en Europe centrale et orientale, où le souffle du « retour dans la famille européenne » qui a marqué l’après 1989 s’est éteint.

L’épine du Brexit est réelle s’agissant du futur budget européen, puisque la sortie du Royaume-Uni laissera un vide dans le futur cadre financier pluriannuel après 2020. Mais là encore, l’heure est à la réflexion sur de nouvelles ressources propres – taxe carbone, taxe sur les plastiques… – et à une augmentation du budget à 1,2% du PNB des Etats membres, plutôt qu’à une lamentation sans fin de la perte de la contribution britannique.

 

Traité de l'Elysée anniversaire 55 ans coopération franco-allemande

 

La vitalité de la coopération franco-allemande pour porter la voix des citoyens européens

La célébration récente de l’anniversaire du Traité de l’Elysée a permis à Mme Merkel et M. Macron d’annoncer dans une déclaration conjointe un certain nombre de nouvelles coopérations bilatérales et leur souhait de refonder au cours de l’année 2018 ce Traité. Les assemblées parlementaires des deux pays ont formulé, dans une résolution commune, ce même vœu et ont appelé à accroître le rôle des parlements nationaux dans la coopération franco-allemande.

Ce sont là des signes forts du retour du moteur franco-allemand sur le devant de la scène. Cette coopération, essentielle pour faire bouger les lignes et faire avancer le projet européen, ne pourra toutefois suffire dans les prochaines années si la voix des citoyens européens n’est pas entendue.

En ce sens, la proposition du président Macron de tenir des consultations citoyennes dans l’ensemble des pays de l’Union doit être saluée. Il faut néanmoins que ce processus devienne structuré et continu : circonscrire cette remontée d’idées aux élections européennes de 2019 ne permettra pas de relever le défi de la réappropriation des questions européennes par le citoyen.

Cela passe aussi par une consolidation du processus du « Spitzenkandidat » afin de donner un visage à l’Europe. Approfondir l’ancrage des partis politiques européens dans les Etats membres est également une idée à creuser, avant même d’instaurer un mécanisme de listes transnationales pour l’élection au Parlement européen.