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Glenn Cezanne | Quelques bribes du Brexit

[Janvier 2018]

 

Ce 29 janvier, le Conseil de l’Union européenne a confirmé le mandat octroyé à Michel Barnier pour démarrer les négociations avec David Davis s’agissant de la période de transition post-Brexit.

D’un côté, nous avons le Royaume-Uni, divisé politiquement, avec une faible majorité gouvernementale pour les Conservateurs suite aux élections désastreuses de juin 2017, et soumis à de nombreuses divisions internes en son sein, s’agissant de la forme à donner au Brexit et à la future relation avec l’UE. De l’autre côté, nous avons vingt-sept pays unifiés avec une voix. A la suite du Conseil Affaires Générales de ce lundi (formation au cours de laquelle le mandat a été confirmé), Sabine Weyand, adjointe de M. Barnier, a twitté que la décision a été confirmée en deux minutes.

Il faut cependant relever que certains pays sont plus dépendants du commerce avec le Royaume-Uni que d’autres. Les Pays-Bas et la Belgique avec leurs ports maritimes, et l’Allemagne avec l’industrie automobile par exemple. La question de la défense face à la Russie et les mots de Donald Trump sur le traditionnel rôle des USA comme protecteur de l’Europe est aussi essentielle.

Il faut également penser aux développements politiques en Roumanie, Pologne et Hongrie où on assiste à une érosion de l’état de droit. Quelques responsables allemands ont déjà suggéré que le futur Cadre Financier Pluriannuel de l’UE (après 2020), qui sera proposé par le Commissaire allemand Günther Oettinger au cours du premier semestre 2018, devrait contenir une conditionnalité spécifique sur le respect de l’état de droit avant tout accès par un pays aux fonds européens.

Le Parlement européen est actuellement en pleine discussion sur les secteurs spécifiques affectés par le Brexit, comme le système d’échange de quotas d’émission, les réseaux d’énergie, l’agriculture et la pêche. Il détient le pouvoir d’accepter un accord avec un pays tiers, et donc de bloquer l’ensemble du processus. Il n’est, par conséquent, pas surprenant que le dialogue entre le Parlement et la Commission bat son plein.

Dans ce contexte, il est prudent de se demander si et quand la politique britannique de « diviser pour mieux régner », une politique attribuée au bien connu Henri VIII, prendra son plein effet. Le suivi des développements dans chaque pays de l’UE, au Royaume-Uni, et dans chaque institution européenne est la seule solution pour comprendre la direction que le Brexit prendra dans le futur.

 

Glenn Cezanne est Directeur du cabinet de conseil T&P Consulting